Le Mirage

Les lumières sont chaudes on dirait la fin de l’été 
Les couleurs même sans odeur sont une madeleine de Proust et 
Pourtant se mêle du vert du bleu et un gris presque parfumé 
Auquel s’ajoute l’ébauche d’un coucher de soleil jaune orangé 
Il est perspicace de remarquer que les perceptives s’entassent 
Horizontales et verticales persistent sans nuances, pas une trace 
Elles s’encastrent une à une sans logique et dépassent 
L’illusion d’une vision d’un lointain horizon 
Couronnant le tout, reine de l’image, une vieille voiture française 
Comme sortie d’un dessin d’enfant, mise en valeur par le vert d’un lierre à l’aise 
Elle rayonne, splendide toile idyllique 
Recréée par l’acrylique 
Pour finir une table blanche et un cendrier bleu 
Me rappelle les instants bénis où je me noyais dans tes yeux 
Baigné dans cette chaleur et dans tes bras 
J’en oubliais le trépas 

C’est une nature morte comme notre amour 
Allez contemples avec moi le paysage 
N’en déplaise à la beauté de ton visage 
C’est une nature morte comme notre amour 
L’insouciance n’a pas que des avantages 
Mais je me suis plu dans ce mirage 
Je pourrais rester des heures ébahi devant ce paysage 
Désireux de l’emmener avec moi, je le dévisage 
« comme il est doux à travers les brumes de voir naître l’étoile »
De mon plus beau pinceau je le peins avec mes mots sur la toile 
S’affronte dans cette image le bleu du ciel et celui d’l’espoir 
Avec le lierre qui dévore le jaune des rêves 
Je les contemple passif comme hier 
Mais aujourd’hui j’entrevois autre chose, une trêve ? 
À croire que cette toile évolue comme mon dévolue 
Voulant lier ses lianes à ma lame afin de crier en silence 
Comme 6 lances tranchant le sein de cette vénus en transe 
J’y repense assez souvent c’est bien ce que tu as voulu 
L’amour n’existe pas mais les intérêts convergent un temps 
Poète d’aujourd’hui souviens toi du poète d’antan 
Et écris pour celui d’demain comme le peintre esquissant 
L’avenir d’une œuvre aux vertus revigorantes 

Ilyr