La Route

On voudrait que les vieux sachent nous montrer  la route, or faire
Un pas dans notre monde est devenu un travail d’orfèvre
Il est rare que l’un d’eux évolue les yeux ouverts
A genou l’homme a dans le cœur l’écho des plus grands airs

Quand j’avais sous les yeux les deux mains de mon père
Il me disait petit la vie se contient dans un verre
Le mien est vide donne le tien, c’est moi qui sert
Préserves le, le temps est court avant la mise en bière

Quand j’avais sous les yeux les deux mains de mon père
Alité le vieux soufflait ces derniers mots sur terre
Ma mère tout en prenant ses mains se tourna pour me dire
Ce qui traversait son esprit pour ne pas trop souffrir

Il voulait être de ceux qui ne s’empêtrent
Entre les mots des dominants et les ragots sous les fenêtres
Il voulait être, être sans paraître
Il a donné au jour levant à présent il bat en retraite

Il ignorait les intérêts du monde des affaires
Et méprisais ce qui pouvait justifier une guerre
Non il n’avait pas de rancœur envers les inconnus
Non il n’avait pas le grand cœur qu’il aurait tant voulu

On voudrait être ceux qui montrent la route, or faire
Un pas dans notre monde est devenu un travail d’orfèvre
Il est rare que l’un de nous évolue les yeux ouverts
A genou l’homme a dans le cœur l’écho des plus grands airs

On voudrait être heureux et ça depuis l’âge de pierre
On n’a pas besoin de conscience, on a besoin d’être fiers
On voudrait être deux et puis aller tant qu’à faire
On pourrait tenter ce qui peut être me fera père

On voudrait être ceux qui ne s’empêtrent
Entre les mots des dominants et les ragots sous les fenêtres
On voudrait être, ceux qui sans paraître,
Se retrouveront au grand jour sans avoir à battre en retraite

Passe le temps et mon avis s’est forgé avec l’âge
J’ai vu s’imprégner les soucis au long de mes rivages
De mon vivant je n’ai pas vu les grands glaciers d’antan
Ne laissant que larmes aux rochers, ces ruisseaux haletants

Et j’ai pleuré sur mes faiblesses, mes sanglots engloutissent
Comme une vague qui affaisse mes illusions candides
A travailler sans rien changer je n’ai pris que des rides
Mes mains usées par les années voudraient qu’on en finisse

Je sais que je n’ai pas de rancœur envers les inconnus
Je sais que je n’ai pas le grand cœur que j’avais tant voulu
Désormais sur mon lit de mort je dépose les roses

A tes pieds, prends soin de ton verre, que ta vie soit grandiose

Mon enfant, quand tes mains tiennent ce qu’il reste des miennes
Il y a là comme un espoir, je ne veux plus de peine
Apercevoir le vide aride tout au fond de mon verre
Me donne envie d’envisager un travail d’orfèvre

Pour ces tonnes d’eau qui s’érodent je pardonne à mon père
Pour l’ingérence qui rôde je pardonne à mes pairs
J’ai voulu porter le fardeau comme l’ont voulu les miens
Et j’aimerais que mes regrets ne deviennent pas les tiens

J’espère qu’avant de partir vous saurez démontrer
Qu’une harmonie sur notre terre pourrait bien exister
Je sais que tu n’auras pas de rancœur envers les inconnus
Il te faudra avoir le cœur que nous eûmes tant voulu

On voudrait que les jeunes sachent  trouver leurs routes, or faire
Un pas dans notre monde est devenu un travail d’orfèvre
Que chacun d’eux chassent les doutes et qu’enfin sans détours
Ils embrassent ensemble l’avenir
À l’aube d’un grand jour

Ilyr et Gustus