Freestyle

Un vent d’est se lève,
Les quelques mouettes fuient comme des mauvais élèves
J’attrape au plus vite un stylo avant que la pluie ne s’élève
Afin de capter l’instant, le chérir du bout des lèvres
Et assister en direct à un aperçu de ce que l’art élève

Yo, vos rimes carrées m’emmerdent
J’préfère ma liberté, coucher désordonné sur le papier
Des ébauches de rêves, duplicatas d’appel à l’aide
Griffonnés grossièrement en guise d’abscisse et d’ordonnée

Le soleil se montre,
J’ricane vulgairement devant ce subterfuge que la vie me conte
En apercevant clairement l’orage venant à ma rencontre
Pourquoi pas, j’avance, dans l’esprit j’suis pas contre
Même si y’a peu d’chance que ça fasse de moi un baron ou un comte

Yo, je flippe devant l’horizon
L’orage est là, personne pour l’arrêter,
J’rempile pour une oraison
Le vent d’est est là et sonne
La Fin des Pourparlers

Baste le pourparlers, j’débarque look shlagué pour tout claquer.
J’rappe pour qu’après mes phrases, t’en aies plein la face, phases Bulkake
Mon clapet dérange la masse et les proches car mon art c’est parler fort et braver les codes, donc j’rappe pour pas calquer Desproges

Là j’fais des progrès, j’ai passé l’époque égotrip, pas fait l’école des gros titres, casser des portes dépasser les bornes c’est mon kif
J’ai pas fait l’effort comme tous les gars de mon âge d’écouter Hanouna, dégouté par ce monde j’ai pas les mots pour Sheryfa Luna.

J’parle et j’sais que ça gêne les sexagénaires, vexe les prudes, mec j’exulte de l’effet que ça génère.
L’impiété, je la vénère contre ces fois grandiloquentes qui trouveront ma pensée choquante comme si j’exhumais l’abbé PIERRE
Dédicace à mes pairs, j’suis fier quand mes négros s’agitent sans montrer les crocs quand j’ai le micro sadique de Necrophagist.
J’viens cracher ma haine aux fascistes, vomir sur vos valeurs, mais sache que j’laisse sortir les piques qu’à l’heure de l’ego fragile.

J’ai le bédo facile, fait naufrage, j’suis l’otage de la démographie, suffrage de gros racistes donc là j’pisse sur ta démocratie.
Rap néoclassique élevé aux basiques, j’ai les oraisons graciles dans la zik, même quand la raison vacille.
Lucifer gronde et mes penchants te gênent, j’parle de moi c’est de l’engeance de peine, univers sombre et dérangeant tel un renoi pour Le Pen
L’émoi sous lequel j’me cache me noie, le bas de l’échelle se casse, l’échec c’est que le Bescherelle de masse c’est les chaînes de télé

J’essaie d’exceller en marge de la file d’attente, desceller la cage pour pas m’rendre barge et que j’me vise la tempe

Le vice latent forge l’onde, j’sors de l’ombre pour vexer, que résonne ce texte comme sonne le gong.

Errer sans but, sinon pour l’plaisir de l’instant
Perdu dans les ruelles de ma ville, j’attends
Que l’envie me prenne, n’importe laquelle
Vouloir avoir envie de brûler ses séquelles

Fort heureusement dans ce vide, je suis bien accompagné
Paul Eluard et Paolo Conte se mêlent dans mon tro-mé
Ce dernier est à l’arrêt pour une demi-heure montre en main
Ainsi j’me laisse divaguer sur les rails de mon train

Je suis ce genre d’homme au teint blâfard et livide
Qui chaque soir se morfond du fin fond de son lit vide
Mais lévite hagard, pour naviguer dans la ville
Et ainsi éviter l’avare d’où s’immiscent de viles vies

A l’instar d’Eluard, cité plus tôt
L’auteur craint la mort, le pont, le saut
Finalement, c’est pour ça qu’on écrit et qu’on saute
C’est au contraire pour vivre un peu plus longtemps que les autres

Ilyr et Tintamar